Les grandes politiques de l’Union européenne : l’essentiel à connaître pour les concours administratifs

L’Union européenne ne se résume pas à ses institutions, à ses traités ou à l’adoption de normes communes. Elle constitue également un niveau majeur de conception, de coordination et de financement des politiques publiques.
Agriculture, commerce international, développement régional, emploi, environnement, recherche, pêche ou encore coopération internationale : l’Union intervient aujourd’hui dans de nombreux domaines qui ont des conséquences directes sur les politiques conduites par les États membres.
Pour les candidats aux concours administratifs, cette dimension est particulièrement importante. Il ne suffit pas de connaître le rôle de la Commission européenne, du Parlement européen ou du Conseil. Il faut également être capable de comprendre ce que fait concrètement l’Union européenne, comment ses politiques sont mises en œuvre et de quelle manière elles influencent l’action des administrations françaises et des collectivités territoriales.
Les principales politiques à connaître sont notamment :
la politique commerciale commune ;
la politique monétaire ;
la politique de cohésion économique, sociale et territoriale ;
la politique agricole commune ;
la politique commune de la pêche ;
la politique environnementale ;
la politique sociale et de l’emploi ;
la politique européenne de recherche ;
la politique de coopération et d’aide au développement.
L’objectif, pour un candidat, n’est pas de mémoriser l’intégralité des dispositifs européens.
Il faut surtout être capable d’identifier, pour chaque politique :
ses objectifs ;
ses principaux acteurs ;
ses instruments ;
ses financements ;
ses enjeux ;
ses conséquences pour les politiques publiques françaises.
1. La politique commerciale commune
La politique commerciale constitue l’une des politiques les plus intégrées de l’Union européenne.
Elle concerne essentiellement les relations commerciales entre l’Union européenne et les pays qui ne lui appartiennent pas.
Dans ce domaine, l’Union agit collectivement au nom de ses États membres. L’objectif est notamment d’éviter que chacun d’entre eux conduise une politique commerciale extérieure totalement différente alors qu’ils appartiennent tous au même marché intérieur et à la même union douanière.
La politique commerciale commune constitue ainsi une compétence exclusive de l’Union européenne.
Cela signifie notamment que les États membres ne négocient pas individuellement leurs droits de douane et leurs grands accords commerciaux avec les États tiers.
Les objectifs de la politique commerciale
La politique commerciale européenne poursuit plusieurs finalités.
Elle vise notamment à :
favoriser le développement des échanges internationaux ;
faciliter l’accès des entreprises européennes aux marchés étrangers ;
réduire certaines barrières commerciales ;
négocier des accords commerciaux avec des pays tiers ;
défendre les intérêts économiques de l’Union européenne ;
protéger le marché européen contre certaines pratiques commerciales déloyales ;
contribuer à l’organisation et à la régulation du commerce mondial.
La politique commerciale européenne repose donc sur une logique qui peut sembler contradictoire mais qui constitue en réalité son principal enjeu : favoriser l’ouverture des échanges tout en protégeant les intérêts européens.
2. Le rôle de la Commission européenne dans la politique commerciale
La Commission européenne joue un rôle central dans les négociations commerciales.
Elle conduit les discussions au nom de l’Union européenne avec les pays tiers et les organisations internationales.
L’intérêt de cette organisation est évident : les États membres disposent collectivement d’une capacité de négociation beaucoup plus importante que s’ils intervenaient séparément.
La politique commerciale permet ainsi à l’Union de parler d’une seule voix face aux grandes puissances économiques mondiales.
Le processus implique toutefois plusieurs institutions européennes.
La Commission participe notamment à la préparation et à la conduite des négociations.
Le Conseil intervient dans l’autorisation des négociations et dans le processus de conclusion des accords.
Le Parlement européen joue également un rôle dans l’approbation de nombreux accords commerciaux.
3. Les instruments de défense commerciale
L’ouverture du marché européen ne signifie pas que l’Union renonce à protéger ses entreprises.
Plusieurs instruments permettent de lutter contre certaines pratiques commerciales considérées comme déloyales.
Les mesures antidumping
Le dumping peut notamment correspondre à la vente, sur le marché européen, d’un produit importé à un prix anormalement faible.
Lorsque cette pratique porte préjudice aux producteurs européens, des mesures peuvent être adoptées afin de rétablir des conditions de concurrence plus équitables.
Les mesures anti-subventions
Certains producteurs étrangers peuvent bénéficier d’aides publiques leur permettant de proposer leurs produits à des conditions particulièrement avantageuses.
L’Union peut intervenir lorsque ces subventions entraînent une distorsion importante de concurrence.
Les mesures de sauvegarde
Elles peuvent être mobilisées lorsque l’augmentation particulièrement importante de certaines importations menace gravement un secteur économique européen.
La politique commerciale repose donc sur un équilibre entre :
ouverture économique ;
concurrence ;
protection des producteurs européens ;
respect des règles commerciales internationales.
4. L’Union européenne et l’Organisation mondiale du commerce
La politique commerciale européenne s’inscrit également dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce.
L’OMC a succédé au GATT en 1995.
Elle intervient notamment pour :
administrer les accords commerciaux internationaux ;
fournir un cadre aux négociations commerciales ;
faciliter le règlement des différends commerciaux ;
suivre les politiques commerciales de ses membres.
L’Union européenne constitue ainsi un acteur important du commerce international et utilise le cadre multilatéral pour défendre ses intérêts mais également pour promouvoir des règles communes.
5. Les nouveaux enjeux de la politique commerciale européenne
Les questions commerciales ne concernent plus uniquement les droits de douane.
La politique commerciale est désormais étroitement liée à des problématiques beaucoup plus larges.
Elle doit notamment prendre en compte :
la souveraineté économique ;
la souveraineté industrielle ;
la sécurité des approvisionnements ;
la dépendance envers certains États tiers ;
les matières premières stratégiques ;
les technologies critiques ;
la concurrence internationale ;
les exigences sociales ;
les exigences environnementales.
Les crises internationales et les tensions commerciales ont renforcé les débats autour de l’autonomie stratégique européenne.
Une question centrale se pose désormais : jusqu’où l’Union européenne doit-elle accepter une forte dépendance économique envers des pays tiers pour des produits ou des technologies considérés comme stratégiques ?
6. La politique monétaire européenne
La politique monétaire constitue l’une des manifestations les plus visibles de l’intégration européenne.
Elle s’inscrit dans le cadre de l’Union économique et monétaire.
Cette dernière repose notamment sur :
une monnaie unique pour les États appartenant à la zone euro ;
une politique monétaire commune ;
une coordination des politiques économiques et budgétaires des États membres.
La création de l’euro constitue ainsi l’une des réalisations les plus concrètes de la construction européenne.
7. Pourquoi une monnaie unique ?
La création d’une monnaie commune devait notamment permettre d’approfondir le marché intérieur.
Avant l’euro, les échanges entre les États européens pouvaient être affectés par les variations entre les différentes monnaies nationales.
La monnaie unique permet notamment :
de supprimer les fluctuations de change entre les États participants ;
de faciliter les échanges ;
d’améliorer la comparaison des prix ;
de faciliter les investissements transfrontaliers ;
d’approfondir l’intégration économique européenne.
Le traité de Maastricht constitue une étape déterminante de cette construction.
8. Le rôle de la Banque centrale européenne
La Banque centrale européenne (BCE) constitue l’acteur central de la politique monétaire de la zone euro.
Il faut ici maîtriser une distinction essentielle.
La politique monétaire
Elle est conduite au niveau européen pour les États appartenant à la zone euro.
La politique budgétaire
Elle demeure principalement exercée par les États membres.
La France conserve ainsi son propre budget national.
Cependant, les politiques budgétaires des États de l’Union ne sont pas totalement indépendantes les unes des autres. Elles sont encadrées par des mécanismes européens de coordination et de surveillance.
9. Union européenne et zone euro : ne pas confondre
Cette distinction est fondamentale pour les concours.
L’Union européenne compte 27 États membres.
Tous les États de l’Union n’utilisent toutefois pas obligatoirement l’euro.
Depuis l’entrée de la Bulgarie dans la zone euro au 1er janvier 2026, 21 États membres utilisent la monnaie unique.
La zone euro est donc un ensemble plus restreint que l’Union européenne.
Question possible du jury
« Tous les États de l’Union européenne utilisent-ils l’euro ? »
Non.
Il faut distinguer l’appartenance à l’Union européenne de la participation à la zone euro.
10. La coordination des politiques économiques
L’existence d’une monnaie commune rend nécessaire une coordination économique entre les États participants.
En effet, il serait difficile de maintenir durablement une même monnaie si les économies nationales évoluaient de manière totalement divergente.
Plusieurs mécanismes européens permettent donc de suivre notamment :
les déficits publics ;
l’endettement public ;
les déséquilibres macroéconomiques ;
les grandes orientations économiques des États.
Le pacte de stabilité et de croissance participe à cet encadrement.
Les politiques économiques demeurent donc largement nationales, mais elles s’inscrivent dans un système européen de surveillance et de coordination.
11. Les nouveaux enjeux de la politique monétaire
La politique monétaire européenne doit aujourd’hui répondre à plusieurs défis.
Parmi eux figurent notamment :
la maîtrise de l’inflation ;
la stabilité financière ;
les conséquences des crises économiques ;
l’indépendance économique européenne ;
la souveraineté des moyens de paiement ;
la transformation numérique de la monnaie.
La réflexion autour de l’euro numérique illustre notamment la volonté de l’Union européenne d’adapter sa politique monétaire aux transformations technologiques.
La monnaie n’est donc plus seulement un instrument économique : elle constitue également un enjeu de souveraineté.
12. La politique de cohésion économique, sociale et territoriale
La politique de cohésion, également appelée politique régionale européenne, constitue l’une des principales politiques d’investissement de l’Union européenne.
Son objectif fondamental est de réduire les écarts de développement entre les territoires européens.
L’Union européenne rassemble en effet des territoires présentant des situations économiques, sociales et géographiques très différentes.
Certaines régions disposent :
d’importantes infrastructures ;
d’une économie particulièrement dynamique ;
d’un niveau de richesse élevé ;
d’un tissu économique diversifié ;
d’une forte capacité d’innovation.
D’autres sont confrontées :
à un chômage plus important ;
à l’enclavement ;
à des restructurations industrielles ;
à un retard d’infrastructures ;
à des difficultés sociales ;
à une moindre attractivité économique.
La politique de cohésion cherche à limiter ces écarts.
13. Les objectifs de la politique de cohésion
À l’origine, cette politique reposait principalement sur une logique de solidarité entre les territoires.
Cette conception a progressivement évolué.
La politique de cohésion vise désormais également à améliorer :
la compétitivité des territoires ;
leur capacité d’innovation ;
leur transformation numérique ;
leur transition écologique ;
leur attractivité ;
leur capacité à créer des emplois.
Il ne s’agit donc plus uniquement de transférer des ressources vers les territoires les plus fragiles.
L’objectif est également d’aider les régions européennes à s’adapter aux grandes mutations économiques.
14. Les cinq grandes orientations de la politique de cohésion 2021-2027
La politique de cohésion 2021-2027 repose sur cinq grands objectifs.
Une Europe plus intelligente
Cette orientation vise notamment :
l’innovation ;
la numérisation ;
la transformation économique ;
le soutien aux petites et moyennes entreprises.
Une Europe plus verte
Elle concerne notamment :
la transition énergétique ;
les énergies renouvelables ;
l’économie circulaire ;
la lutte contre le changement climatique ;
l’adaptation aux conséquences du réchauffement.
Une Europe plus connectée
Cette orientation vise à améliorer :
les réseaux de transport ;
les infrastructures ;
la connectivité numérique ;
les liaisons entre les territoires.
Une Europe plus sociale
Elle concerne :
l’emploi ;
les compétences ;
l’éducation ;
l’inclusion sociale ;
l’accès aux services essentiels.
Une Europe plus proche des citoyens
L’objectif est notamment de soutenir :
les initiatives locales ;
les stratégies territoriales ;
le développement local ;
le développement urbain durable.
15. Les différentes catégories de régions
La politique de cohésion tient compte du niveau de développement économique des territoires.
Trois catégories de régions sont notamment distinguées.
Les régions les moins développées
Leur PIB par habitant est inférieur à 75 % de la moyenne européenne.
Les régions en transition
Leur PIB par habitant se situe entre 75 % et 90 % de la moyenne européenne.
Les régions les plus développées
Leur PIB par habitant est supérieur à 90 % de la moyenne européenne.
Cette classification permet de moduler l’intervention et les financements européens en fonction de la situation des territoires.
16. Les fonds européens de la politique de cohésion
Les grandes orientations européennes se traduisent concrètement par des financements.
Plusieurs fonds sont particulièrement importants.
Le FEDER
Le Fonds européen de développement régional finance notamment des projets liés :
au développement économique ;
à l’innovation ;
au numérique ;
aux infrastructures ;
à la transition énergétique ;
au développement territorial.
Le FSE+
Le Fonds social européen plus intervient principalement dans les domaines :
de l’emploi ;
de la formation ;
de l’insertion ;
de l’éducation ;
de l’inclusion sociale.
Le Fonds pour une transition juste
Le FTJ vise notamment à accompagner les territoires particulièrement affectés par la transition vers une économie moins carbonée.
17. Pourquoi la politique de cohésion est-elle essentielle pour les collectivités territoriales ?
Pour les candidats aux concours territoriaux, cette politique doit être particulièrement bien comprise.
L’Union européenne peut en effet participer au financement de projets locaux très concrets.
Ils peuvent concerner :
la rénovation énergétique de bâtiments publics ;
les transports collectifs ;
les mobilités durables ;
le développement numérique ;
la création d’activités économiques ;
l’accompagnement vers l’emploi ;
la formation professionnelle ;
la revitalisation de certains territoires ;
la protection de l’environnement.
En France, l’État et les régions interviennent dans la gestion de différents financements européens.
L’Union européenne est donc loin d’être une réalité abstraite pour les collectivités.
18. La politique agricole commune
La politique agricole commune, généralement appelée PAC, constitue l’une des politiques historiques de la construction européenne.
Elle a été mise en place en 1962.
À l’origine, l’objectif était notamment de développer la production agricole et de garantir l’approvisionnement alimentaire de la population européenne.
Depuis, ses finalités se sont considérablement élargies.
19. Les objectifs de la PAC
La PAC poursuit plusieurs objectifs.
Elle cherche notamment à :
améliorer la productivité agricole ;
soutenir le revenu des agriculteurs ;
stabiliser les marchés ;
garantir la sécurité des approvisionnements ;
assurer des prix raisonnables aux consommateurs ;
développer les territoires ruraux ;
accompagner les transformations de l’agriculture ;
protéger davantage l’environnement ;
participer à la lutte contre le changement climatique.
La PAC doit donc aujourd’hui concilier plusieurs exigences parfois difficiles à articuler.
20. Les principes historiques de la PAC
Trois grands principes ont historiquement structuré la politique agricole commune.
L’unité du marché
Les produits agricoles doivent pouvoir circuler entre les États membres sans barrières douanières intérieures.
La solidarité financière
Le financement de la PAC repose sur le budget européen.
La politique agricole constitue ainsi une politique financée collectivement.
La préférence communautaire
Ce principe historique visait à favoriser les produits agricoles européens par rapport aux produits importés.
21. Les deux piliers de la PAC
La politique agricole commune repose sur deux piliers.
Premier pilier : les aides directes et le soutien des marchés
Le premier pilier concerne principalement :
les aides directes versées aux agriculteurs ;
le soutien aux revenus ;
certaines mesures destinées à stabiliser les marchés agricoles.
Les mécanismes d’aide sont de plus en plus liés au respect de certaines exigences environnementales.
Ils peuvent notamment encourager :
le maintien de prairies ;
la diversification des cultures ;
la préservation de certains espaces favorables à la biodiversité.
Deuxième pilier : le développement rural
Le second pilier concerne davantage :
la modernisation des exploitations ;
le développement des territoires ruraux ;
la transformation des pratiques ;
l’adaptation des exploitations ;
certaines actions environnementales.
22. Le financement de la PAC
Deux fonds européens sont particulièrement importants à connaître.
Le FEAGA
Le Fonds européen agricole de garantie finance principalement :
les aides directes versées aux agriculteurs ;
certaines mesures de marché.
Le FEADER
Le Fonds européen agricole pour le développement rural finance essentiellement les actions liées au développement rural.
Astuce concours
Vous pouvez retenir :
FEAGA = aides agricoles et soutien des marchés.
FEADER = développement rural.
23. La PAC 2023-2027 et les nouveaux enjeux agricoles
La politique agricole commune a connu de nombreuses réformes depuis sa création.
La programmation actuelle applicable depuis 2023 cherche notamment à mieux intégrer les enjeux environnementaux et climatiques.
La PAC doit aujourd’hui répondre simultanément à plusieurs défis :
garantir la souveraineté alimentaire ;
permettre aux agriculteurs de vivre de leur activité ;
maintenir une agriculture européenne compétitive ;
renouveler les générations d’agriculteurs ;
adapter les exploitations au changement climatique ;
protéger les ressources naturelles ;
préserver la biodiversité ;
réduire l’impact environnemental de certaines pratiques.
Ces objectifs peuvent entrer en tension.
Par exemple, renforcer les contraintes environnementales peut entraîner des coûts supplémentaires pour les exploitations.
Inversement, une politique exclusivement tournée vers la production pourrait être incompatible avec certains objectifs environnementaux.
Cette capacité à identifier les tensions entre différents objectifs de politique publique est particulièrement intéressante dans une copie de concours ou lors d’un oral.
24. La politique commune de la pêche
L’Union européenne conduit également une politique commune de la pêche.
Elle concerne notamment :
la conservation des ressources marines ;
la gestion des stocks ;
l’exploitation des ressources de la mer ;
la pêche professionnelle ;
l’aquaculture ;
la transformation des produits ;
leur commercialisation.
Cette politique doit permettre de concilier activité économique et protection des ressources naturelles.
25. Les principaux objectifs de la politique commune de la pêche
La politique européenne cherche notamment à :
favoriser une pêche durable ;
préserver les ressources biologiques marines ;
garantir la pérennité des activités de pêche ;
développer une aquaculture durable ;
contribuer à la sécurité alimentaire ;
soutenir les communautés côtières ;
promouvoir une économie bleue durable ;
améliorer la gouvernance des espaces maritimes.
La surexploitation des ressources marines constitue ici un enjeu central.
Une politique de pêche durable doit permettre d’éviter que l’exploitation économique actuelle compromette la possibilité de maintenir cette activité à long terme.
26. Le FEAMPA
Le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture, ou FEAMPA, constitue l’un des principaux instruments financiers de cette politique.
Il peut soutenir notamment :
la pêche durable ;
l’aquaculture ;
la protection des ressources marines ;
les petites communautés côtières ;
l’économie bleue ;
l’amélioration des connaissances scientifiques ;
certaines mesures de contrôle et de surveillance.
À retenir
FEAMPA = affaires maritimes + pêche + aquaculture.
27. La politique environnementale de l’Union européenne
La politique environnementale a progressivement pris une place centrale dans la construction européenne.
Elle concerne aujourd’hui de très nombreux domaines :
pollution atmosphérique ;
qualité de l’eau ;
gestion des déchets ;
protection de la nature ;
biodiversité ;
risques industriels ;
lutte contre le changement climatique ;
économie circulaire ;
protection des ressources naturelles.
L’environnement constitue désormais une politique transversale.
Cela signifie que les préoccupations environnementales influencent également :
l’agriculture ;
l’industrie ;
les transports ;
le commerce ;
l’énergie ;
le développement régional ;
les politiques urbaines.
28. Les grands principes de la politique environnementale européenne
Quatre principes sont particulièrement importants à connaître.
Le principe de prévention
Il consiste à agir avant la réalisation d’un dommage lorsque le risque peut être identifié.
Si les conséquences négatives d’une activité sont connues, les autorités doivent chercher à les éviter.
Le principe de précaution
Il concerne les situations dans lesquelles un risque potentiellement grave existe mais où toutes les connaissances scientifiques ne permettent pas encore d’en mesurer précisément les conséquences.
L’absence de certitude scientifique ne signifie donc pas nécessairement qu’il faut attendre avant d’agir.
Le principe de correction de la pollution à la source
Il consiste à traiter la pollution le plus directement possible à son origine.
Le principe pollueur-payeur
Le coût de la prévention ou de la réparation d’une pollution doit, en principe, être supporté par celui qui en est responsable.
Ces principes ont largement influencé le développement du droit français de l’environnement.
29. Le changement climatique : un enjeu majeur de l’action européenne
La lutte contre le changement climatique occupe désormais une place particulièrement importante dans les politiques européennes.
L’Union européenne s’est notamment fixé comme objectif d’atteindre la neutralité climatique à l’horizon 2050.
Elle poursuit également un objectif de réduction nette des émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990.
Ces objectifs supposent une transformation profonde de plusieurs secteurs de l’économie européenne.
Ils concernent notamment :
l’énergie ;
les transports ;
l’industrie ;
les bâtiments ;
l’agriculture ;
la consommation.
30. Le Pacte vert pour l’Europe
Le Pacte vert pour l’Europe constitue le cadre général de cette ambition environnementale.
Son objectif est de faire évoluer l’économie européenne vers un modèle davantage compatible avec la neutralité climatique.
Cette transformation concerne notamment :
les énergies renouvelables ;
la rénovation énergétique ;
les transports propres ;
la réduction des émissions industrielles ;
l’économie circulaire ;
l’efficacité énergétique ;
la protection de la biodiversité ;
l’évolution des pratiques agricoles.
L’environnement devient ainsi une véritable politique économique et industrielle.
La transition écologique peut en effet :
stimuler l’innovation ;
favoriser le développement de nouvelles technologies ;
créer de nouvelles activités ;
modifier les compétences recherchées sur le marché du travail.
31. La politique environnementale et les collectivités territoriales
Les conséquences pour les collectivités sont particulièrement nombreuses.
Les objectifs européens peuvent influencer :
les politiques de mobilité ;
les transports publics ;
la rénovation énergétique des bâtiments ;
la gestion de l’eau ;
la gestion des déchets ;
l’urbanisme ;
les plans climat ;
la protection de la biodiversité ;
la végétalisation des espaces urbains ;
la commande publique durable ;
l’adaptation des territoires au changement climatique.
Pour un candidat territorial, la politique environnementale européenne constitue donc un thème transversal particulièrement important.
32. La politique sociale européenne
La politique sociale européenne présente une particularité : les États membres conservent des compétences importantes dans ce domaine.
Les systèmes :
de protection sociale ;
de retraite ;
d’assurance chômage ;
de droit du travail ;
restent largement nationaux.
L’Union européenne exerce néanmoins une influence croissante.
Elle intervient notamment dans les domaines suivants :
emploi ;
conditions de travail ;
égalité entre les femmes et les hommes ;
lutte contre les discriminations ;
mobilité des travailleurs ;
inclusion sociale ;
lutte contre la pauvreté ;
formation professionnelle.
33. Le socle européen des droits sociaux
Le socle européen des droits sociaux adopté en 2017 constitue une étape importante.
Il fixe des principes et des objectifs communs concernant notamment :
l’égalité des chances ;
l’accès à l’emploi ;
les conditions de travail ;
la protection sociale ;
l’inclusion sociale.
L’objectif n’est pas nécessairement d’uniformiser totalement les systèmes sociaux nationaux.
Il s’agit davantage de définir des orientations communes et de rapprocher progressivement certaines protections.
34. Le Fonds social européen plus
Le FSE+ constitue l’un des principaux instruments financiers permettant à l’Union d’intervenir dans le domaine social.
Il peut notamment financer des actions concernant :
l’emploi ;
la formation ;
l’insertion professionnelle ;
l’éducation ;
la lutte contre l’exclusion ;
l’acquisition de nouvelles compétences ;
l’accompagnement des personnes éloignées de l’emploi.
Le FSE+ joue également un rôle dans l’accompagnement des grandes transitions économiques.
35. Le FSE+ et les transitions numérique et écologique
Les transformations numériques et environnementales modifient profondément le marché du travail.
Certains métiers disparaissent ou se transforment.
De nouvelles compétences apparaissent.
Le FSE+ peut donc contribuer à financer :
des formations ;
des reconversions professionnelles ;
l’acquisition de compétences numériques ;
l’adaptation aux nouveaux métiers de la transition écologique.
La politique sociale européenne rejoint ainsi la politique économique, la politique environnementale et la politique de cohésion.
36. La politique européenne de recherche
L’Union européenne intervient également dans le domaine de la recherche et de l’innovation.
Elle apporte notamment des financements à des projets scientifiques et technologiques grâce à des programmes européens.
Les objectifs sont multiples.
Il s’agit notamment de :
développer la coopération entre chercheurs ;
soutenir la recherche scientifique ;
favoriser l’innovation ;
améliorer la compétitivité européenne ;
développer les nouvelles technologies ;
répondre aux grands défis sociaux et environnementaux.
37. Pourquoi la recherche constitue-t-elle un enjeu stratégique ?
La recherche est étroitement liée à la souveraineté économique.
Une puissance qui dépend entièrement d’autres pays pour ses principales technologies peut se retrouver dans une situation de vulnérabilité.
L’Union cherche donc notamment à renforcer ses capacités dans des secteurs comme :
l’intelligence artificielle ;
le numérique ;
les technologies quantiques ;
la santé ;
les biotechnologies ;
l’énergie ;
les technologies environnementales.
La recherche européenne ne constitue donc pas uniquement une politique scientifique.
Elle constitue aussi un enjeu :
économique ;
industriel ;
stratégique ;
géopolitique.
38. La politique européenne d’aide au développement
L’Union européenne intervient également en matière de coopération avec les pays en développement.
Cette politique peut notamment concerner :
la lutte contre la pauvreté ;
la santé ;
l’éducation ;
le développement économique ;
la sécurité alimentaire ;
le développement durable ;
le renforcement des institutions ;
la coopération internationale.
La politique d’aide au développement participe à l’action extérieure de l’Union européenne.
Elle illustre la volonté de l’Union d’exercer une influence internationale non seulement à travers son poids économique mais également à travers la coopération et le soutien au développement.
39. Des politiques européennes de plus en plus transversales
Pour les concours, il est important de comprendre que les différentes politiques européennes ne fonctionnent pas indépendamment les unes des autres.
Elles sont de plus en plus imbriquées.
Exemple : agriculture et environnement
La PAC intègre progressivement davantage de conditions environnementales.
Exemple : commerce et environnement
Les politiques commerciales doivent de plus en plus prendre en compte les conséquences climatiques des échanges.
Exemple : cohésion et environnement
Le FEDER peut financer des projets de transition énergétique ou de mobilité durable.
Exemple : emploi et numérique
Le FSE+ peut financer des formations destinées à accompagner la transformation numérique du marché du travail.
Exemple : recherche et souveraineté
Les investissements européens dans la recherche peuvent contribuer à réduire certaines dépendances technologiques.
Cette transversalité constitue une caractéristique majeure des politiques publiques contemporaines.
40. Les principaux instruments utilisés par l’Union européenne
Pour conduire ses politiques, l’Union dispose de plusieurs catégories d’outils.
Les instruments juridiques
L’Union peut notamment adopter :
des règlements ;
des directives ;
des décisions.
Les instruments financiers
Le budget européen permet de financer des politiques, des programmes et des projets.
Les fonds européens constituent ici un élément particulièrement important.
La coordination
Dans certains domaines, l’Union ne remplace pas les politiques nationales mais organise leur coordination.
Les programmes européens
Ils permettent de financer des projets spécifiques dans des domaines comme :
la recherche ;
l’environnement ;
la formation ;
la mobilité ;
l’innovation.
41. Les principaux fonds européens à connaître pour les concours
Il est utile de maîtriser quelques acronymes.
FEDER
Fonds européen de développement régional
À associer à :
territoires ;
développement économique ;
investissements ;
innovation ;
transition écologique.
FSE+
Fonds social européen plus
À associer à :
emploi ;
formation ;
insertion ;
inclusion.
FEAGA
Fonds européen agricole de garantie
À associer à :
aides directes aux agriculteurs ;
marchés agricoles.
FEADER
Fonds européen agricole pour le développement rural
À associer à :
agriculture ;
développement rural.
FEAMPA
Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture
À associer à :
pêche ;
aquaculture ;
ressources marines.
FTJ
Fonds pour une transition juste
À associer à :
transition écologique ;
accompagnement des territoires fortement affectés par la décarbonation.
42. Pourquoi connaître les politiques européennes pour les concours administratifs ?
La connaissance des politiques européennes peut être mobilisée dans de très nombreux sujets.
Pour les concours de l’État
Elles peuvent être utiles dans des sujets concernant :
l’économie ;
l’environnement ;
les politiques sociales ;
la transformation numérique ;
les relations internationales ;
l’agriculture ;
la souveraineté.
Pour les concours territoriaux
Elles sont particulièrement importantes pour comprendre :
le financement des collectivités ;
le développement économique local ;
l’aménagement du territoire ;
les politiques environnementales ;
les mobilités ;
la rénovation énergétique ;
l’emploi et l’insertion ;
la coopération européenne.
43. Comment mobiliser ces connaissances dans une copie ?
Il ne suffit pas d’écrire :
« L’Union européenne finance les collectivités territoriales. »
Une réponse plus précise serait par exemple :
« La politique européenne de cohésion contribue à réduire les écarts entre les territoires. Elle mobilise notamment le FEDER pour soutenir des investissements en matière de développement économique, d’innovation ou de transition écologique et le FSE+ pour accompagner l’emploi, la formation et l’inclusion sociale. »
Le candidat montre ainsi :
qu’il connaît la politique ;
qu’il connaît ses instruments ;
qu’il sait établir un lien avec l’action publique.
44. Les questions que le jury pourrait poser
« Pouvez-vous me citer plusieurs politiques de l’Union européenne ? »
Vous pouvez notamment citer :
la politique commerciale commune ;
la politique agricole commune ;
la politique de cohésion ;
la politique environnementale ;
la politique commune de la pêche ;
la politique sociale ;
la politique de recherche.
« Qu’est-ce que la politique de cohésion ? »
Elle vise à réduire les disparités économiques, sociales et territoriales entre les différentes régions européennes et à accompagner leur développement.
« Quels fonds européens connaissez-vous ? »
Vous pouvez citer notamment :
FEDER ;
FSE+ ;
FEAGA ;
FEADER ;
FEAMPA ;
FTJ.
« Quelle différence existe-t-il entre le FEDER et le FSE+ ? »
Le FEDER est principalement orienté vers le développement régional et les investissements territoriaux.
Le FSE+ est davantage tourné vers l’emploi, la formation et l’inclusion sociale.
« Quels sont les grands objectifs de la PAC ? »
Il est possible d’évoquer :
la sécurité alimentaire ;
le soutien aux revenus des agriculteurs ;
la stabilité des marchés ;
le développement rural ;
la transition environnementale.
« Quels principes encadrent la politique environnementale européenne ? »
Il faut notamment citer :
la prévention ;
la précaution ;
le pollueur-payeur ;
la correction de la pollution à la source.
45. Le récapitulatif du candidat
Politique commerciale
Objectif : organiser les relations commerciales extérieures et défendre les intérêts économiques européens.
Acteur important : Commission européenne.
Instruments : accords commerciaux, droits de douane, mesures antidumping.
Enjeu : concilier ouverture commerciale et protection du marché européen.
Politique monétaire
Objectif : conduire la politique monétaire commune de la zone euro.
Acteur central : Banque centrale européenne.
Instrument principal : euro.
Enjeu : assurer la stabilité monétaire tout en coordonnant des économies différentes.
Politique de cohésion
Objectif : réduire les disparités entre les territoires.
Principaux instruments : FEDER, FSE+, FTJ.
Enjeu : combiner solidarité territoriale, compétitivité et transition écologique.
Politique agricole commune
Objectif : soutenir l’agriculture européenne et les territoires ruraux.
Principaux fonds : FEAGA et FEADER.
Enjeu : concilier sécurité alimentaire, revenu des agriculteurs, compétitivité et environnement.
Politique commune de la pêche
Objectif : organiser une exploitation durable des ressources marines.
Fonds : FEAMPA.
Enjeu : concilier activité économique et préservation des ressources.
Politique environnementale
Objectif : protéger l’environnement et lutter contre le changement climatique.
Principes : prévention, précaution, pollueur-payeur, correction à la source.
Enjeu : transformer progressivement l’économie européenne pour atteindre la neutralité climatique.
Politique sociale
Objectif : favoriser l’emploi, l’inclusion sociale et l’adaptation des compétences.
Instrument important : FSE+.
Enjeu : accompagner les transformations économiques et sociales.
Politique de recherche
Objectif : développer la recherche et l’innovation européennes.
Enjeu : renforcer la compétitivité et l’autonomie scientifique et technologique de l’Europe.
Politique d’aide au développement
Objectif : contribuer au développement économique et social des pays partenaires.
Enjeu : renforcer la coopération internationale et l’action extérieure de l’Union.
Conclusion
L’étude des politiques de l’Union européenne permet de comprendre une réalité essentielle : l’Union européenne constitue aujourd’hui un niveau majeur de l’action publique.
Son intervention peut prendre plusieurs formes.
Elle peut exercer directement certaines compétences, comme dans le domaine commercial.
Elle peut conduire une politique commune, comme la PAC.
Elle peut organiser une politique monétaire commune pour les États de la zone euro.
Elle peut coordonner les politiques nationales, notamment dans certains domaines économiques et sociaux.
Elle peut également financer des milliers de projets à travers ses fonds et ses programmes.
Pour les candidats aux concours administratifs, l’enjeu n’est donc pas uniquement de connaître les institutions européennes. Il faut être capable de comprendre comment les politiques européennes se traduisent concrètement dans l’action de l’État et des collectivités territoriales.
Cette capacité à relier le niveau européen aux réalités administratives françaises constitue une véritable plus-value dans une copie comme lors d’un entretien face au jury.
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Sources
Vie-publique, dossier « Union européenne », rubrique consacrée aux différentes politiques de l’Union européenne.
Vie-publique, « Qu’est-ce que la politique commerciale commune de l’UE ? », fiche consacrée aux objectifs de la politique commerciale européenne.
Vie-publique, « Politique commerciale de l’UE : quels effets pour la France ? », 13 juillet 2026.
Vie-publique, « La politique de cohésion économique, sociale et territoriale de l’UE », présentation des objectifs de la politique de cohésion.
Vie-publique, « Politique de cohésion : quels sont les fonds structurels de l’UE ? », présentation des principaux instruments financiers de la politique de cohésion.
Vie-publique, « Qu’est-ce que la politique agricole commune (PAC) ? », présentation des objectifs et du financement de la PAC.
Vie-publique, « Quelles ont été les modifications apportées à la PAC ? », présentation des principales évolutions de la politique agricole commune.
Vie-publique, « Quelle réforme de la politique agricole commune en 2023 ? », présentation de la PAC applicable depuis 2023.
Vie-publique, rubrique « Agriculture et pêche », fiches consacrées à la PAC et à la politique commune de la pêche.
Vie-publique, « Quelle est la politique environnementale de l’UE ? », présentation des objectifs et principes fondamentaux de la politique européenne de l’environnement.
Vie-publique, « Quelles évolutions de la politique de l’environnement européenne ? », présentation de l’évolution des objectifs environnementaux européens.
Vie-publique, « Comment la politique sociale a-t-elle intégré le projet européen ? », présentation du développement de la dimension sociale de la construction européenne.
Vie-publique, « Qu’est-ce que l’Europe sociale ? », présentation de la répartition des compétences entre l’Union et les États membres dans le domaine social.
Vie-publique, « Quelles sont les réalisations de l’UE en matière sociale ? », présentation des principales interventions européennes en matière sociale.
Vie-publique, « Quel est le rôle de l’UE en matière de recherche ? », présentation des programmes et financements européens de recherche.
Vie-publique, « En quoi consiste la politique d’aide au développement de l’UE ? », présentation des objectifs européens de coopération au développement.
Groupe Moniteur, sous-synthèse « Les politiques de l’Union européenne », document transmis, consacré à la politique commerciale, la politique monétaire, la politique régionale, la politique agricole commune, la politique environnementale, la pêche, la coopération judiciaire et la politique sociale.




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